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Nanni Moretti Carlotta Film propose aux cinéphiles un coffret du cinéaste transalpin réunissant Bianca et La Messe est finie, deux films tournés à seulement un an d’intervalle et marquant une première rupture stylistique dans l’univers de Nanni Moretti. Alter ego du réalisateur qu’il interpréta lui-même dans ses quatre premiers longs-métrages, le Michele Apicella de Bianca […]

Laura Morante dans Bianca de Nanni Moretti © 1984 Faso Film SRL - Rete Italia SPA

Nanni Moretti

Carlotta Film propose aux cinéphiles un coffret du cinéaste transalpin réunissant Bianca et La Messe est finie, deux films tournés à seulement un an d’intervalle et marquant une première rupture stylistique dans l’univers de Nanni Moretti. Alter ego du réalisateur qu’il interpréta lui-même dans ses quatre premiers longs-métrages, le Michele Apicella de Bianca (1984) est le probablement plus névrotique de ses personnages. Bourré d’obsessions et de phobies, il amène le film sur le terrain de la comédie burlesque avec son univers décalé et loufoque, pour lorgner ensuite vers l’intrigue policière. Une tragicomédie des plus féroces sur l’idéalisation du couple et de la famille.
Un an après Bianca, Nanni Moretti poursuit avec La Messe est finie sa réflexion sur la quête du bonheur et la difficile confrontation entre les principes et la réalité. Avec l’ironie et le ton doux-amer qui caractérisent son oeuvre, le cinéaste campe un jeune prêtre faisant face à une profonde crise existentielle. Un film bouleversant d’humanité, Ours d’argent au Festival de Berlin en 1986. Avec ces deux films, l’acteur-réalisateur s’imposait alors comme le chef de file d’une nouvelle génération de cinéastes, prenant le pouls d’une société italienne en perpétuelle mutation. À l’instar d’un Woody Allen transalpin, Nanni Moretti utilise le prisme de la comédie pour aborder des thèmes existentiels, recourant à un sens de l’humour à la fois absurde, mordant et touchant.

Carlotta Films.

La Rumeur

Réalisé par William Wyler, ce drame adapté d’une histoire de Lillian Hellman par J.M. Hayes – l’un des scénaristes fétiches d’Hitchcock –, suit les pas de Karen et Martha, amies depuis les bancs de la faculté, qui ont réalisé leur rêve en ouvrant un pensionnat de jeunes filles. Avec l’aide de la tante de Martha, Lily, elles dirigent un établissement qui jouit d’une bonne réputation. Fiancée au charmant docteur Cardin, Karen culpabilise à l’idée de quitter l’école et diffère la date de son mariage. Malgré tout, la vie s’écoule paisiblement et l’avenir semble radieux. Mais cette promesse de bonheur va être anéantie par le machiavélisme de Mary, une écolière tourmentée. Ses mensonges seront le début d’un engrenage funeste…
Avec ce film où la vérité et la pureté des sentiments sont éprouvées par la calomnie, le réalisateur dénonce l’hypocrisie d’une frange de la société américaine adepte de la chasse aux sorcières. Il signe un récit criant d’actualité à la force métaphorique inégalée – magnifié par le noir et blanc du chef opérateur Franz Planer et la musique d’Alex North – et plonge deux actrices prodigieuses en pleine tempête. Aux côtés d’un James Garner parfait, Audrey Hepburn, la grâce incarnée révélée par le cinéaste dans Vacances romaines, et l’impétueuse Shirley MacLaine livrent une interprétation déchirante où l’émotion nous submerge.

Wild Side.