A Gouy-Saint-André, Eurovanille prend un nouvel essor

Des millions d’euros d’investissements et une usine flambant neuve. Soutenue par France relance, l'entreprise du Ternois Eurovanille va prendre une nouvelle dimension en 2022.

De la vanille sur la Côte d'Opale... les serres expérimentales d'Eurovanille ont de quoi surprendre dans le paysage. (© Aletheia Press / Olivier Prud’homme)
De la vanille sur la Côte d'Opale... les serres expérimentales d'Eurovanille ont de quoi surprendre dans le paysage. (© Aletheia Press / Olivier Prud’homme)

Eurovanille s’est installée à Gouy-Saint-André et entend bien accroître ses activités dans un proche avenir. Créée en 1990 par Laurent Bourgois, la société, qui emploie une centaine de personnes, vient d’investir plusieurs millions d’euros dans des installations qui devraient être opérationnelles début 2022. Elle a bénéficié du plan de relance et d’une aide de 600 000 euros. Idéalement située, l’usine permettra de traiter alors en un seul lieu toutes les opérations autour de cette gousse au goût si particulier.

Principalement dédiée à l’agroalimentaire, la chaîne de transformation permettra d’optimiser la vanille sous toutes les formes que l’on connaît : la poudre, les arômes, les concentrés et les infusions. Provenant d’Inde, de Madagascar, de Tahiti ou encore du Mexique, berceau de la vanille, les gousses sont transformées selon une méthode spécifique afin de donner à cette épice tous ses arômes. On dénombre six étapes pour arriver au produit fini. D’abord, une immersion dans de l’eau chaude ; ensuite, les gousses séjournent dans une étuve une demi-journée avant de sécher au soleil et à l’air libre trois heures par jour durant une quinzaine de jours. Elles sècheront durant deux mois à l’abri de la lumière et dans un lieu bien ventilé naturellement.

Repenser le conditionnement et l’expédition

Il faudra attendre encore quelques mois que se termine l’affinage pour obtenir un produit le plus sec possible. Ensuite peuvent débuter la transformation et la commercialisation, en gousse ou en dérivés. Chaque étape nécessite un soin particulier pour préserver les arômes. Aux débuts de l'entreprise, la qualité de ses produits séduit des chefs étoilés qui feront sa renommée.

Le produit fini est expédié depuis un seul endroit selon un sens pratique de conditionnement. Actuellement, il y a plusieurs sites qui traitent les productions diverses d'Eurovanille, mais ils arrivent à saturation. Le gain en logistique représente ainsi une économie non négligeable pour l’amortissement du nouveau bâtiment. Il y aura aussi un impact écologique conséquent au niveau de la manutention et du transport. La situation géographique place cette entreprise idéalement pour une distribution européenne et mondiale.

(© Aletheia Press / Olivier Prud’homme)

Étudier la plante pour améliorer son existence

Parallèlement, une serre d’environ 1 000 m² a été construite afin d’étudier la plante et de mieux la comprendre. Cette étude est menée par un consortium parmi lequel on retrouve le CNRS et diverses universités. Le but est le décryptage du génome de la plante. A terme, l'objectif est de permettre à la plante de mieux résister aux maladies.

Alors, de la vanille produite localement dans le Pas-de-Calais, c'est pour bientôt. Elle commence à pointer car il faut environ quatre ans à la plante pour qu'elle produise. La fleur pousse et ne fleurit que douze heures. Pour leur part, les gousses mettront neuf mois à arriver et donneront le fruit noir que l’on connaît. Mais la production est évidemment marginale et n'a pas pour ambition de faire du Pas-de-Calais une tête de pont de la culture de la vanille.

Olivier Prud’homme