Sur son site historique de Cambrai

CMD s’agrandit et se perfectionne

Trois lettres et cent ans d’histoire. CMD, premier fabriquant en France, sixième mondial, de systèmes de transmission de puissance pour forts couples à vitesse lente, continue d’investir sur son site historique de Cambrai que dirige Laurent Thomas depuis cet automne.

CMD s’agrandit et se perfectionne
CMD s’agrandit et se perfectionne

C’est dans les détails que CMD se trouve. Dans l’ascenseur du pilier nord de la Tour Eiffel, dans les télécabines de stations de ski françaises, au fond d’un fleuve birman, dans les rouages d’un bateau de la Seconde Guerre mondiale. CMD conçoit, fabrique et installe des engrenages et réducteurs en acier qui facilitent la transmission mécanique.

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Laurent Thomas est, à 37 ans, le nouveau directeur de l’usine de Cambrai de CMD.

Au départ, CMD voulait dire "Citroën Messian Durand" et était réputée pour ses engrenages à chevrons. «C’est notre marque de fabrique, souligne Laurent Thomas, directeur de l’usine de Cambrai. Nous utilisons toujours ces engrenages dans certaines applications.» Désormais, CMD signifie "Compagnie engrenages et réducteurs Messian Durand" et appartient au groupe CIF, Compagnie industrielle et financière de Bussy. «C’est un groupe français à capitaux privés, détaille le dirigeant. Il est composé de sept sociétés complémentaires dans leur savoir-faire, dont la Fonderie et aciérie de Denain.» CMD, elle, a deux sites de production : l’un dans la Nièvre avec 100 employés, l’autre à Cambrai où se trouvent 300 salariés, le siège social, un bureau d’études et un centre de recherche et développement qui travaille sur la digitalisation, l’étanchéité et le développement de la gamme. «La force de CMD, c’est qu’elle suit le produit de A à Z, poursuit Laurent Thomas. On peut même aller faire le relevé de mesures chez nos clients.»

Prisé dans les secteurs de la mine, de la sucrerie et cimenterie

Trois quarts de sa production part à l’étranger. «On exporte nos réducteurs aux quatre coins du monde, de l'Afrique à l'Asie, en passant par le Moyen-Orient et l'Amérique du Sud, et ce principalement dans les secteurs de la mine, de la sucrerie et de la cimenterie.» En 2019, CMD a eu un chiffre d’affaires de 65 millions d’euros. La pandémie de Covid-19 a enrayé celui de 2020. «Nous avons une baisse de chiffre d’affaires sur la fin d’année, mais à la différence de nos concurrents qui réduisent leur budget recherche et développement en temps de crise, nous, nous avons maintenu le nôtre et investi. C’est l’avantage d’être dirigé par un groupe familial.»

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CMD produit des engrenages et des réducteurs en acier principalement pour les secteurs de la mine, de la sucrerie et de la cimenterie.

L’usine se dote, en effet, d’une rectifieuse gigantesque qui lui permettra d’intervenir à partir de février sur des pièces de 6,5 mètres de diamètre pesant jusqu’à 70 tonnes. Jusque-là, au-delà de 4,5 mètres, elle devait recourir au taillage. «Elle nous permettra d'asseoir notre rang face à la concurrence et de répondre aux exigences croissantes de nos clients.» Cet investissement de 2,29 millions d’euros n’est pas le seul. L’usine va aussi, grâce à un peu plus de 700 000 euros, s’agrandir de 325 m² pour pouvoir accueillir, durant le 2e trimestre 2021, un four de traitement thermique de ressorts d’accouplements.

De la formation en interne

Les premiers jours de janvier, CMD va commencer à former cinq nouvelles personnes au Certificat de qualification paritaire de la métallurgie (CQPM). Chaque année voit l’arrivée d’une nouvelle session. «Il n’y a plus d’école qui prépare aujourd’hui à nos métiers. Nous avons donc un grand engagement dans la formation.» CMD embauche, en moyenne, 80% des lauréats du CQPM et recrute régulièrement des alternants. Laurent Thomas, lui-même, a fait toute sa carrière dans le groupe. Après un master Matériaux, spécialité métallurgie, le Meusien a débuté à la Fonderie et aciérie de Denain comme chargé d’affaire et animateur qualité, en 2007, avant de devenir responsable Contrôle qualité, puis responsable de l’atelier mécanique. Il obtient ensuite un Executive MBA à l’EDHEC de Lille, devient directeur adjoint d’usine pour Ferry-Capitain, dans la Haute-Marne, avant de vouloir revenir dans le Nord. En début d’année, il est nommé arrive directeur de production de CMD, avant de prendre la direction du site de Cambrai en septembre.

Sur sa table de travail, plusieurs projets. «Nous travaillons sur la digitalisation de l’usine et voulons continuer d’y améliorer la sécurité : notre objectif est d’arriver à zéro accident. Et, enfin et surtout, maintenir la qualité de nos productions. Nos réducteurs donnent satisfaction partout dans le monde

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CMD travaille à la digitalisation de son usine.