Des dons générateurs d’emplois durables

En quatre années d’existence, la Fondation du Dunkerquois solidaire a reçu plus de 650 000 euros de dons d’entreprises et de particuliers qui ont permis la création de dix emplois durables. Retour sur une expérience unique.  

Des dons générateurs d’emplois durables
Des dons générateurs d’emplois durables

«On est parti d’une feuille blanche», résume Charles-Henri Looten, chef d’entreprise retraité et président de la Fondation du Dunkerquois solidaire. «L’idée de cette Fondation est sortie tout droit des Etats généraux de l’emploi local en 2014. Lorsque la communauté urbaine de Dunkerque, qui la porte avec la Fondation Agir contre l’exclusion, m’a proposé d’en prendre la présidence, j’avoue que j’étais un peu dubitatif.» Et pourtant, avec dix emplois durables créés depuis 2017, la Fondation, qui n’a pas d’équivalent en France, a largement démontré son utilité et son efficacité. Son fonctionnement est basé sur la solidarité : les dons récoltés (659 000 euros depuis sa création) auprès de 21 entreprises mécènes et de 339 particuliers ont été reversés à 100% sous forme de salaires à 10 personnes (une 11e en est phase de recrutement), jusqu’alors demandeuses d’emploi de longue durée, qui ont ainsi pu retrouver un travail utile, créateur de lien social et innovant dans le secteur associatif (pour ne pas entrer en concurrence avec le secteur marchand). «Finalement, avec du recul, je suis particulièrement fier du travail de notre Fondation, commente Charles-Henri Looten. D’autant que les emplois créés sont pérennes. Déjà huit CDI ont été signés entre les nouvelles recrues et leurs employeurs, ce qui prouve qu’ils ont réussi à trouver le modèle économique pour financer eux-mêmes cet emploi, généralement au bout d’une année. Je précise, en effet, que les emplois sont financés par la Fondation pour une durée maximale de trois ans. Nous sommes là pour impulser la création d’emploi, pas pour la subventionner ad vitam aeternam.»

Aujourd’hui, avec la crise sanitaire en cours, la Fondation a vu certaines de ces entreprises mécènes contraintes de réduire le montant de leur don. Elle lance donc une grande campagne de sensibilisation avec pour slogan «Votre don a changé ma vie», illustré par des personnes qui ont retrouvé un emploi grâce à la Fondation. A l’image de Fabrice, ancien chômeur de longue durée, qui fut le premier à signer un CDI en 2018 avec l’association de réinsertion dunkerquoise La Courte Echelle. Il est désormais l’encadrant technique d’une équipe composée de trois déménageurs (en contrat de réinsertion) qui interviennent chez des personnes fragiles et/ou esseulées n’ayant pas les moyens de s’offrir les services d’une entreprise de déménagement classique. «Je pressentais que le besoin était là, mais les finances de l’association ne nous permettaient pas de tester grandeur nature cette nouvelle activité. Le soutien financier de la Fondation a donc été essentiel. Au bout d’un an et plusieurs dizaines de déménagements réalisés, nous avons vu que l’activité était rentable et avons pu prendre en charge le salaire de Fabrice», conclut Pascal Thorez, directeur de l’association. Une belle illustration.