«L’économie locale tient bon mais je crains beaucoup le premier trimestre 2021»

Un deuxième confinement ajouté à l’annulation de la saison carnavalesque 2021, dont les retombées économiques se comptent en millions d’euros, n’engagent pas le président du tribunal de commerce à l’optimisme. Même si, à aujourd’hui, l’économie locale semble tenir bon, en partie grâce aux aides et reports de charges et loyers qui continuent de courir.

«L’économie locale tient bon mais je crains beaucoup le premier trimestre 2021»
«L’économie locale tient bon mais je crains beaucoup le premier trimestre 2021»

A l’automne 2020, le tribunal de commerce avait enregistré une baisse de 40% des dépôts de bilan par rapport à l’automne 2019. Un chiffre surprenant vu le contexte économique, mais qui, selon Christian Lavallée, son président, s’explique par plusieurs choses. D’abord, les aides gouvernementales, régionales et locales ont très bien fonctionné ; ensuite la saison estivale, excellente, a permis de compenser a minima les pertes du printemps ; enfin, la commande publique, notamment pour les travaux de voirie, est repartie dès la fin du confinement, même si elle n’est pas revenue au niveau d’avant la crise. «Si nous avons connu quelques défaillances entre mars et septembre, il s’agissait d’entreprises qui étaient déjà en difficulté et pour lesquelles le confinement a été le problème de trop», commente Christian Lavallée. «Notre appel à contacter le Centre de prévention des entreprises dès les premières difficultés a aussi été entendu. Il a vu sa fréquentation augmenter de manière significative, même si ce n’était pas encore assez selon moi. Cependant, il a très certainement contribué au sauvetage d’un certain nombre d’entreprises. Dans le même temps, les immatriculations, dont beaucoup sous le régime de la micro-entreprise (comme par exemple l’auto-entreprenariat), n’ont reculé que de 10%, ce qui tend à prouver que beaucoup osent entreprendre malgré le contexte, et c’est plutôt une bonne nouvelle.»

Toutefois, le président du tribunal de commerce n’est pas très optimiste pour la suite, d’autant qu’un deuxième confinement a été décrété fin octobre et que la saison carnavalesque 2021, dont les retombées économiques pour le territoire se chiffrent en dizaines de millions d’euros, a été annulée. Il regarde aussi avec inquiétude les statistiques qui montrent qu’un chef d’entreprise sur deux n’envisage pas d’investir en 2021. «Pour le moment, la solidarité nationale, régionale et locale joue encore son rôle. Avec ce deuxième confinement, les aides ont été réactivées. Les Prêts garantis par l’Etat permettent aussi de garder de la trésorerie, mais cela va vite s’épuiser, et il faudra bien, de toute façon, rembourser à un moment donné. Comment vont tenir les commerces, les restaurants, les artisans obligés de fermer une nouvelle fois alors qu’ils sont déjà fragilisés ?», se demande Christian Lavallée qui dit craindre deux vagues de dépôts de bilan, l’une en fin d’année, l’autre au printemps, suivant la durée du deuxième confinement, une fois que les aides et les reports de charges ou de loyers auront été épuisés. En attendant, le seuil d’acceptabilité des commerçants, artisans, restaurateurs, patrons de bars semble avoir atteint son point maximum.