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Abaque monte en puissance sur le marché de la traduction

L'agence de traduction Abaque, qui fêtera ses 20 ans cette année, regroupe 2 000 traducteurs et experts externes implantés sur les cinq continents et dans près de 50 pays. Né à Ennevelin, passé par Wasquehal puis Paris avant un retour proche dans le Nord, le traducteur en forte croissance jouera un rôle clé dans les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024. Rencontre avec Thierry Tavakelian, président.

Thierry Tavakelian, président d'Abaque.
Thierry Tavakelian, président d'Abaque.

En 2004, Valérie Tavakelian fonde Abaque après une carrière au service de grands groupes internationaux. Entrepreneur, Thierry, son mari, rejoint l'aventure en 2013. Au fil des années, l'agence se bâtit un réseau d'une centaine de traducteurs à travers le monde et étoffe son savoir-faire. La traduction écrite s'accompagne de nombreuses expertises, à l'instar de la traduction orale, la traduction certifiée, la créa-traduction, le sous-titrage, doublage ou encore la traduction Augmentée®, l'Interprétariat Augmenté® et l'Accessibilité Augmentée®, mais également le référencement SEO

Lorsqu'un client vient frapper à la porte d'Abaque, un chef de projet linguistique analyse son besoin et cherche le meilleur profil de traducteur pour y répondre. Aujourd'hui, l'entreprise opère dans tous les domaines, que ce soit le tourisme, l'économie, le juridique, le nucléaire. «Nous traitons tous les sujets. Avant le covid, nous réalisions 98% de traduction écrite et 2% de traduction orale mais la traduction automatique commençait à pointer le bout de son nez, alors il a fallu être malins et anticiper. Sans se diversifier, on n'aurait pas survécu». À ce jour, la traduction écrite représente 60%, l'interprétariat 40% et le sous-titrage quasiment 10%. «Le sous-titrage est un axe de développement important, à la fois pour améliorer l'accessibilité interculturelle mais aussi pour les malentendants».

Aujourd'hui, fort de son expertise, Abaque compte près de 1 800 clients en France et à l'international. «Notre chiffre d'affaires a été multiplié par 24». En pleine croissance, l'agence regroupe un réseau de près de 2 000 traducteurs et experts externes implantés dans 50 pays. «On assure plus de 300 combinaisons de langue» précise le président du groupe.

2021, un tournant 

En 2021, la société prend une autre dimension. Elle remporte l'appel d'offres lancé par la Présidence de la République pour le sous-titrage de toutes ses vidéos diffusées sur les réseaux sociaux. «Les vidéos en question sont toutes sous-titrées et parfois même traduites. Pour chaque visite officielle d'un chef d'État, nous traduisons les vidéos dans les deux langues en question». Suite à ce contrat, d'autres, tout aussi prestigieux, ont suivi : «Nous travaillons actuellement pour huit ministères français, pour lesquels on assure la traduction écrite, l'interprétariat et le sous-titrage de vidéos». Malgré la forte concurrence sur le marché, Abaque a ainsi su se faire une place de choix. Ses forces résident principalement dans la réactivité, le réseau, l'innovation et le travail pointilleux des équipes.

«Rôle clé» pour les Jeux

Abaque se pose comme acteur numéro un des traductions pour le tourisme - 500 offices de tourisme précisément - mais également pour le site France.fr, traduit en 11 langues. Depuis plusieurs années, l'entreprise œuvre également dans les coulisses de grands événements sportifs, à l'image de la Coupe du Monde de rugby et de Roland-Garros, en 2022 et 2023, tournois pour lesquels Abaque a traduit toutes les interviews de fin de match. «L'idée est de s'étendre sur le marché des événements sportifs». Forte de ces expériences, l'agence de traduction s'est intéressée aux JO. «Tout a commencé en 2020. On a joué un rôle en amont avec la Solideo (société de livraison d'ouvrages olympiques) pour qui on a traduit tous les dossiers écrits» précise le dirigeant. Pour les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, Abaque assurera, entre autres, la traduction écrite de brochures en français-anglais.

Un traducteur à la pointe de l'innovation

Si l'intelligence artificielle peut faire peur pour de nombreux acteurs du cinéma, de la culture ou de la traduction, ce n'est pas le cas d'Abaque. Son président ne voit pas Chat GPT comme une menace, mais plutôt comme une opportunité pour progresser. «On a résisté à la vague Chat GPT, on se l'est même appropriée. L'IA oui, mais pas pour tout. On a déposé une marque pour la traduction augmentée. Cela vise à augmenter la capacité de l'humain à travailler. On aura toujours besoin de l'humain et selon les métiers, un peu plus parfois», témoigne le dirigeant. 

Innovante, l'agence vient tout juste de lancer un nouvel outil baptisé Nukonr - en partenariat avec la Cité des Sciences de Paris- , qui grâce à douze algorithmes mis bout à bout a la capacité de parler, de se faire comprendre dans n'importe quelle langue. «C'est un service qu'on apporte à l'interprète, 100% IA sur lequel l'humain peut ajouter des détails. Nous avons une carte à jouer lorsque l'on sait qu'un interprète, de par ses compétences uniques, est un coût et donc une barrière pour de nombreuses entreprises». Le groupe a ainsi choisi d'associer la technologie à la supervision humaine. «L'IA utilise la reconnaissance vocale pour transcrire les dialogues et notre expert, natif de la langue à transcrire, va réviser par la suite la transcription». Abaque n'a pas peur de l'avenir. Au contraire, elle l'entrevoit sereinement...

Fusion en cours

Le groupe nordiste prévoit une opération de fusion, actuellement en cours avec un acteur majeur du marché français. «Il s'agit d'une fusion de deux sociétés très complémentaires» insiste le dirigeant. Accompagné par IRD, Nord Création est entré au capital en 2018. Grâce à une levée de fonds, Abaque a pu renforcer son effectif et prendre une autre dimension en remportant notamment l'appel d'offres de la Présidence de la République.